• Fanfiction 03: Un acte de trop

    Chapitre 1:

     

    Quelqu'un toqua à la porte de la salle de cour à peine dix minutes après la sonnerie. Le professeur à l'intérieur autorisa d'une voix forte la personne à entrer. C'est un des surveillants du lycée qui entra, un des plus apprécié de part sa connaissance pointu en matière de jeux vidéos et séries télévisées. Il portait son éternelle veste verte et un jean noir. On pouvait lui donner la cinquantaine.

    - Excusez-moi . Atsuka Ryuga, tu dois te rendre au bureau tout de suite.

    Le jeune homme, assit au fins fond de la salle, mit quelques secondes avant de réagir. En se redressant il passa une main dans ses cheveux blanc partiellement colorés en rouge.

    -Prends tes affaires.

    Il s'exécuta et suivit l'homme tranquillement. Etant au quatrième étages, ils durent descendre jusqu'au rez de chaussé, voyant défiler les couleurs distincte de chaque étage, le bleu, le vert, le rouge et le jaune. Une fois les escaliers descendus, ce fut le couloir central qu'il fallait traverser, puis prendre la porte du fond. Cette porte indiquait le bureau du CPE, et ils y pénétrèrent. A l'intérieur attendez le propriétaire du bureau et une femme âgée dans les quarante ans. Celle-ci était vêtue de son 31 et ses cheveux blond entourés un visage aux airs bien angoissés.

    -Ne me dis pas que tu as oublié !? C'est pas possible ça !

    Ryuga se contenta d'afficher son expression monotone, las, et ne fit aucune remarques malgré le sermonage auquel il eu droit.

    Environ trente minutes plus tard, ils se retrouvèrent tous deux avec un assistant social, un avocat et un juge, dans une des salles du tribunal. Ryuga demeura assit à la même place que d'habitude, lors de ces rendez-vous, tous les quatre mois depuis quatre ans. Face à la juge, de l'autre côté du bureau, chacun assis sur une chaise en cuire noir.

    -Alors, Ryuga, aurais-tu quelque chose à dire cette fois ci ?

    En un sens, la représentante de l'ordre n'aimait pas poser cette question, car les seules fois où le jeune parlait les embrouilles arrivaient peu après. Cela durait depuis six ans. Sept foyers l'avait accueillit, deux familles d'accueille également.

    -Justement.

    Ce simple mot eu le même effet qu'un désastre en face d'eux. Qu'allait-il arriver cette fois ci ? Qu'arrivait-il ? Que voulait-il dire encore comme bêtise ? Mais il continua bien trop vite pour leur laisser le temps de cogiter.

    -Je veux changer de foyer, finit il, son regard dur s'enfonçait dans celui de la femme en face de lui. Je souhaite aller ailleurs.

    Le foyer devant lui ressemblait plus à un morceau d'immeuble. Au pied de celui-ci s'étendaient un grand jardin, tout autours des murs de béton, et parsemés de jeux, et d'un côté potager. La structure en elle-même semblait basique, géométriquement simple, avec des fenêtres carrées, des potes rectangulaires, des murs perpendiculaires au sol, d'une couleur blanche, parfois grisâtre avec le temps. Bref, un bête bâtiment se dressait devant lui, un bâtiment de la ville. Une fois à l'intérieur, tout semblait bien plus gaie, avec des dessins colorés ornant le papier peints, des tableaux étaient fixés par ci par là, représentant des scènes quotidienne d'une vie basique. Dans une salle semblait être un salon, à la gauche de l'escalier en bois, une dizaine de collégiens chahutez, jouez, chantez, ou regardez la télévision. Mais lui, ce fut l'escalier qui l'intéressait. Il y monta, Ryuga, accompagné d'un assistant d'éducation. Celui-ci l'amena jusqu'à la porte de sa nouvelle chambre. La demande avait était acceptée sans mal, ici il y avait des enfants plus grands, alors qu'avant, c'était des maternelles qui l'entourait.

    -Tu vas partager ta chambre avec un nouveau camarade. Il est assez renfermé sur lui-même, un peu comme toi, je crois. Cependant, il n'est pas méchant, et c'est le plus âgé avant toi, il a quatorze ans. Je te laisse faire connaissance avec lui.

    Sur ceux, le jeune homme à la chevelure brune repartie en bas, chercher les dernières affaires nécessaires. Alors l'autre entra dans la chambre. Celle-ci ce composait exclusivement de deux lit d'une places, ta tête contre le même mur et séparées par deux tables de nuit, deux bureaux dont un en bazar, un miroir et deux placards. Qu'en à celui avec qui il devait partager cette pièce, il se trouvait sur son lit, assit, recroquevillé sur lui-même, la tête reposant sur ses bras croisés sur ses genoux plaqués à son torse. Lui aussi affichait un regard morne, sans émotions. Il avait des cheveux bleu avec une drôle de bande jaune. Peut être allaient ils s'entendre alors ? En tout cas, il ne sembla pas bruyant, et ça arrangeait bien l'ainé. Ce dernier fit le tour de la chambre puis s'approcha de la fenêtre pour l'ouvrir et voir ce qu'il se passait dehors. L'assistant parlait avec le chauffeur d'une vieille voiture, à l'entrée.

    -Tu t'appelles comment ? demanda le blandin, tout de même curieux de savoir son prénom, mais aucune repose ne vînt.

    Par contre, quelqu'un l'appela dehors. Le brun de tout à l'heure.

    -Ryuga ! Vient voir deux minutes !

    Le jeune homme en question s'était penché à la fenêtre et se rendit compte que le premier étage de cette immeuble, là où il se trouvait, ne se trouvait pas bien élevé, si bien qu'il décida par pure folie, et n'ayant pas grand-chose à perdre, de sautait par l'ouverture à fin d'atterrir sur la poubelle, juste en dessous et avec un bond vif se retrouver sur le sol ferme.

    Bien entendu, ce qu'il fit enragea l'assistant qui lui cria un bon coup dessus, mais voyant bien qu'il n'y avait pas eu la moindre blessure, lui demanda juste de ne jamais refaire ça. Ryuga s'empara de deux sacs et suivit l'homme jusqu'à la porte d'entrée où, interpellé par un bruit sourd derrière lui, il se retourna. Tout se passa très vite. Trois enfants crièrent, une des éducatrices également. Le brun, nommé Bryhat (braillehate), accouru le plus vite possible dans la cour. Il cria sauvagement après Ryuga qui ne percuta pas même une seconde ce qu'y venait de se passer. Son « colocataire » se trouvait allongé par terre, dans l'herbe et les graviers, une flaque de sang ornant sa tête, une jambe tordue d'une étrange manière, et des gémissements sortant de sa bouche. Que s'était-il passé ? Défenestré ? Mais pourquoi ? Ha... Par ce que Ryuga avait sautait avant ? Non... Comment se pourrait-il... ?

    Pour la première fois depuis un long moment, le cœur de Ryuga avait fait un bond, sa tête bourdonnait et son corps menaçait de s'effondrer sous un poids énorme. Et sur sa figure apparut la marque de la peur.

    -Ryuga, tu peux allais me chercher un jus de fruit ?

    Bryhat, ainsi qu'une autre assistante d'éducation, attendaient dans la salle d'attente de l'hôpital. Ryuga les avaient accompagnés car il ne se sentait vraiment pas bien du tout et ne tenait plus sur ses jambes, par peur qu'il lui arrive quelque chose, ils l'embarquèrent de force avec eux. Le médecin en charge de Damian vînt les rencontrer.

    -Damian devrait s'en sortir.

    Les deux autres laissèrent s'échapper un souffle de soulagement, rassurés de savoir que leur jeune n'allait pas y rester.

    -Il a une jambe cassée et devra donc porter un plâtre pour sept semaines environs. Il a également une lésion crânienne qui ne semble pas grave pour le moment, sans hémorragie. L'opération s'est bien passée, il faudra juste du temps et un bon traitement.

    -On peut le voir quand ? demanda la jeune femme.

    -Il ne sera probablement pas éveillé avant deux jours, mais vous pourrez le voir demain si vous le souhaitez.

    Ça n'arrêtait pas de lui tomber dessus depuis « l'accident », et il commençait à en avoir sérieusement marre. Ryuga avait droit à des regards noirs, des critiques, on lui rejetait tout sur le dos, si bien qu'à la fin, il fut même traité de meurtrier, pourtant sans mort et sans avoir fait quoi que ce soit. Il avait eu la simple envie de sauter par la fenêtre, la hauteur ne lui faisant pas peur. Jamais il n'aurait pensé que l'autre le suivrait ! Et en plus, pour se faire si mal, c'est que ce saut n'était pas innocent. Ne pouvant échapper à toute cette manigance contre lui, le jeune Atsuka préféra s'enfuir dans sa chambre, qu'il ne partagea alors avec personne. Seul Bryhat se rendit à la porte, bien qu'il n'eu pas le droit de l'ouvrir, pour lui parler. Depuis les quelques années passés avec lui, car jusqu'à présent Ryuga vivait dans des foyers où l'assistant social se trouvait affecté. Le brun savait bien que le jeune garçon ne voulu en aucun cas que Daman le suive. Ce saut par la fenêtre représentait un énième mouvement de plus tentant de mouvementer sa vie.

    -Ryuga, ouvres moi.

    -Nan. -Ne - Fais pas le gamin. J'ai apprit à te connaitre tu sais.

    -...

    -Tout le monde dit que c'est de ta faute car Damian est très instable psychologiquement, et que tu n'as pas fais attention à sa présence, cependant nous savons tout deux que cette histoire part trop loin et que tu n'y es absolument pour rien. En plus je ne t'ai pas mit en garde.

    -Et tu comptes pleurer devant ma porte ?

    L'adolescent avait daigné ouvrir sa pièce et se placer dans l'embrasure. Ses yeux dorés semblaient entourés de rose, de larmes, de tristesse, malgré la faible lumière qui les éclairait. La phrase qu'il sorti se révélait être une invitation, et ça, l'autre le comprenait d'instinct.

    -Ne te sens pas si mal. Ce n'est vraiment pas ta faute. Te voir faire ça lui a juste donné l'idée de se débarrasser de lui-même, c'est tout.

    -Pourquoi il aurait fait ça ?

    -Ses parents ne pouvaient plus s'occuper de lui, c'est pour ça qu'il est dans ce foyer d'accueille. Personne ne lui rend visite, car ils ont dû déménager pour le travail qu'ils ont trouvé, à l'étranger, dans leur pays d'origine. Son mental en a prit un coup, et ça faisait un moment qu'il était devenu comme toi. Renfermé et las de tout.

    -Je vais dormir.

    -Pas de problème. Du moment que tu te sens mieux. Si y'a un problème, tapes à la porte.

    -Ma jambe... ?

    -Elle est cassée.

    Bryhat et Ryuga furent les premiers à entendre Damian parler suite à son sommeil de quatre jours.

    -Tu as mal ?

    -Non...Mais...Qui...vous êtes ?

    Les gros yeux que firent l'aîné montra bien son étonnement face à une telle phrase. Il ne s'attendait vraiment pas à ça ! Ils se connaissaient depuis un long moment déjà, eux aussi. Comment pouvait-il l'oublier ?

    -Bryhat. Damian, tu ne te rappelles pas de nous ? Lui c'est Ryuga, mais tu n'as pas vraiment eu le temps...

    Le jeune fit un signe de tête négatif et après quelques questions, le docteur trouva la source : l'amnésie. Apriori, s'il n'y avait pas eu de séquelle grave au niveau du cerveau, ses souvenirs par contre avaient perdu de leur contenu, pour une grande partie. Il se souvenait qu'il avait des parents, mais pas où il vivait. Des enfants l'entouraient chaque jours, des frères et sœurs ? Dans quelle classe était-il ? Des amis ? Des ennemis ?

    -Ryuga, restes avec lui le temps que je parle avec le docteur.

    Il ne répondit pas vraiment, se contentant de fixer l'alité, curieux, intrigué. C'est vrai après tout, pourquoi le fait qu'il a sauté par la fenêtre aurait pu pousser l'autre à se... suicider ? Enfin, essayer. Lui qui voulait des rebondissements dans sa vie, il fut servit, mais d'une manière bien étrange quand même. Puis ce garçon lui semblait vraiment taré...

    -J-J'ai soif...

    Ryuga sortit de ses pensées en entendant la petite voix émanant du lit.

    -J'vais voir.

    Dans cette chambre individuelle, un toilette s'y trouvait également. Alors il alla chercher de l'eau au robinet du petit évier dans un verre qui s'y trouvait au bord. Damian le bu d'une traite.

    -Je vais rester longtemps ?

    -J'sais pas.

    -Et... tu es...qui ?

    L'aîné s'attendait bien à cette question, mais que pouvait-il dire ? Qu'ils ne se connaissaient pas, et qu'il se pourrait qu'il soit à l'origine de son hospitalisation ?

    -Hum... On vient... Du même foyer j'crois. On n'a pas vraiment eu le temps de se connaitre.

    Damian ne comprit pas vraiment la situation. Un foyer ? Qu'est ce que c'était ? Et ce Bryhat pourrait être son père ? Ryuga son frère ? Un « foyer » comme une maison ? Et comment sa jambe avait pu se rompre déjà ? Cette douleur à la tête l'empêcha de réfléchir comme il faut.

    -Tu ne te rappelles vraiment de rien ?

    -N-non...

    Sa voix résonna comme un léger coup de vent, très très léger, presque inaudible, sifflant, teintée de tristesse. Les larmes coulèrent sans même avoir une véritable raison. Il ne connaissait plus rien. En un instant sa tête devint vide, comme un néant dont il ne pourrait jamais sortir. Aspiré par un trou noir, seul, isolé, dans l'obscurité totale. Comment... ? Comment ?!

    -Damian ? Ryuga voyait l'autre se perdre, crispé dans ses draps, effrayé, acculé devant une force étrange et invisible.

    -J-Je vois... Je... je vois... Tr-trou...ble... !

    -Il ne fallait pas avoir l'idée de sauter par...

    Il fut coupé par l'arrivé des adultes, et mieux valait se taire sur la cause de ses blessures. Voyant l'état de son patient, le médecin s'agita et demanda plusieurs fois au garçon ce qui le rendait comme cela. La douleur ? La peur ? Ne plus se souvenir ? Mais il fallut que Ryuga le dise lui-même, que c'était sa vue devenue trouble qui l'agitait.

    -C'est le choc que tu as eu. Il est possible que ta visibilité se soit endommagée. Il faut rester calme et essayer de comprendre.

    Finalement, Ryuga reparti pour son foyer, puis, de toute évidence, il ne voyait pas quelle importance il pouvait avoir auprès du malade, sa présence n'aidait en rien à son rétablissement. Seulement... Peut être qu'un peu de culpabilité s'en allait en faisant cette action. Certes, jamais il n'aurait pensé que l'autre le suivrait dans sa chute, et il ne s'en souciait pas beaucoup de ce faite, ainsi le véritable problème, ce qui le faisait se sentir si mal, en réalité il s'agissait du regard des autres. Depuis son arrivé, et donc l'accident, un seul enfant lui parlait, et cela se résumait à des « passes moi le sel » « donnes moi du pain » « tu as un feutre turquoise ? »... Bref, que des petits services, jamais de vraies paroles, une véritable discussion. Et même ceux qui géraient le foyer ne s'occupaient guère de lui. Mise à part Bryhat. Ce dernier vînt de nouveau dans sa chambre le sixième soir. Ryuga, assit sur le rebord de la fenêtre, fut surprit en entendant la porte de sa chambre s'ouvrir.

    -Ne Restes pas sur ce rebord, Ryuga.

    -Je ne sauterais pas. Promis.

    Malgré toute cette mauvaise ambiance et l'exclusion à laquelle il avait droit, l'adolescent gardait de son sale caractère, et, finalement, il s'en fichait pas mal de tout ce bazar. -Merci de rester avec Damian, les matins. Tu comptes vraiment arrêter les cours ?

    -Ouai. Je n'en ai plus rien à cirer de suivre des cours inutiles. Rien ne m'intéresse. Autant en finir.

    -Tu n'auras pas d'autres chances, tu le sais. Pourquoi maintenant ?

    -Si ce con m'a apprit un truc en sautant de cette fenêtre, c'est que je n'ai pas de temps à perdre dans un lycée, à ne rien faire. Je veux gagner de l'argent dès à présent, et faire ma vie à moi dans quelques années.

    -Oh ? Tu ne t'en fais pas avec tes amis délinquants ?

    -Un peu, mais c'est pas très légal, et ces affaires là m'agacent un peu. Pour une fois j'aimerais dire que je suis honnête.

    -Donc tu veux gagner de l'argent pour le moment, c'est tout ?

    -Ouai.

    -Je te propose un truc alors. Que dirais tu de t'occuper de Damian ? Je te ferais engager pour le surveiller et rendre des rapports lorsqu'il sera au collège. Il a besoin d'un suivi psychiatrique habituellement, très régulièrement, et avec ce qu'il lui est arrivé, je ne pense pas qu'il puisse se réintégrer correctement dans le collège, seul.

    -En gros je dois l'assister ? Moi qui suis « à l'origine de son malheur » ? Tu te fous de moi ?!

    Ryuga, quelque peu sorti de ses gonds devant une telle farce, se leva d'un bond, se tenant alors droit, face à l'autre homme. Son regard dur exprimait bien des choses, dont sa réticence, sa colère et en quelque sorte un certain méprit du fait que l'on pourrait le considérer comme une baby-sitter. Cependant, Bryhat ne lâcha pas le morceau et continua d'argumenter en faveur de l'option qu'il lui proposait. Après tout, si il acceptait, il gagnerait un peu d'argent, sortirait, de quoi se changer ses idées, rencontrerait de nouvelles tête, et surtout, il enlèverait ainsi toute la culpabilité qu'il accumulait depuis un moment déjà, malgré ce qu'il laissait paraitre. Mais Ryuga ne répondit pas, se contentant de mettre l'autre dehors et de partir se coucher. Couché dans son lit, fixant un point invisible au plafond, son esprit se perdait dans ses pensées. Malgré la nuit bien avancée, sa chambre aux volets ouverts se trouvait bien éclairée. Le lit vide à côté du sien lui donna une impression de solitude, il restait toute l'après-midi dans cette pièce trop grande pour lui seul. Avant il aurait partageait tout cela avec d'autres personnes. Le dernier foyer qu'il avait fait lui avait donné trois camarades de chambres pour lui seul, de quoi s'occuper.

    -Devenir baby-sitter..., murmura t il à lui-même. Devoir retourner au collège...

    Dans sa tête se bousculaient des passages de sa vie menait au collège. Il passait d'un extrême à l'autre, parfois seul, isolé de tous, et parfois entourait d'un grand groupe d'individus, parcourant les rues en quête d'un faible à racketter. Etait-ce vraiment cela, sa vie, avant ? Bien avant, avant toutes ses personnes, ses galères et ses histoires sordides, bien avant tout cela, il ne vivait pas ça. Sa demeure était la sienne, celle de sa famille. Son entourage ne se résumée pas par des parfaits inconnus, non. Tout était si différent.

    -Et tout à brulé... Se décidant enfin à dormir, Ryuga tourna sur le côté et ferma les yeux.

    -Tu acceptes vraiment ?!

    -Ouai. Si ça me rapporte de l'argent... En plus j'ai pas grand-chose à faire. Mais c'est quoi les conditions exactes ?

    Profitant du voyage qu'ils faisaient seuls dans la voiture pour ce rendre à l'hôpital, Ryuga s'était manifester au prés de son assistant. Suite à une longue et mure réflexion, l'option lui étant proposée semblait la meilleur chose du moment. L'ambiance du foyer le crispait sans arrêt, et il ne pouvait pas en changer, il venait tout juste de débarquer.

    -Et bien... Damian retournera au collège dans deux semaines. Sa jambe guérie bien et n'est pas si endommagée que cela. Le problème c'est son amnésie, le doc dit que ça passera rapidement, mais ça peut aussi prendre un jour comme un mois, donc il va être perdu au collège. Il faudra que tu t'assure qu'il suive et comprenne bien les cours. Et aussi que les élèves ne s'en prennent pas à lui par ce qu'il n'a plus ses souvenirs, pour le moment. J'espère quand même que ça passera vite...

    -En gros je dois juste regarder ce qu'il se passe.

    -Tu pourras parler avec profs, pour le cours par exemple, mais tu n'auras pas le droit de te lier avec les élèves. Ton rôle est seulement d'assurer l'intégrité de Damian. Et chaque jour tu devrais rédiger ce qu'il s'est passé dans la journée. Par heure par exemple, comme un journal.

    Ses conditions ne dérangeaient pas le blandin, ne pas parler, il savait faire, se faire discret aussi, et écrire aussi. Qu'en à observer, c'était une tache simpliste.

    -Et sinon, il s'est passé quoi pour que ce gamin soit en foyer ?

    Le moteur de la voiture s'arrêta, arrivée à destination, dans le parking de l'hôpital. La pluie tombait dehors, doucement, mouillant les automobiles, les arbres et la routes goudronnée autours d'eux.

    -Ses parents ont abandonnés leurs droits. Je ne peux rien te dire de plus.

    Puisque le reste ne l'intéressait pas vraiment plus que ça, Ryuga ne posa pas plus de question et se contenta de sortir avec son assistant, direction l'entrée, puis la chambre du patient. Se dernier dormait dans son lit, immobile, sans bruit. Une infirmière vérifiait les branchements, puisque l'adolescent continuait à recevoir une perfusion et des capteurs vérifiaient l'état de son cœur. Il n'y avait pas de liaisons apparentes, mais au cas où, le temps que les analyses soient entièrement finis, tout cela resterait.

    -Bonjour, commença la jeune femme, vous venez au bon moment. Je vais le réveiller pour qu'il déjeune. Il n'a rien mangé hier soir.

    Le jeune homme entama alors une discussion sur le sujet, demandant ce qu'il y avait à manger, pourquoi il avait refusé, ce qu'il fallait faire... Alors Ryuga resta planté là, devant le lit. Il regardait le corps endormit. Des petites mèches de ses cheveux bleus barrées son visage un peu humide, surement à cause de la chaleur que lui procurait la couette épaisse posée sur lui. Son pied plâtré dépassé d'ailleurs. Il devra prendre l'ascenseur, une fois au collège. Au moins ils n'auraient pas monté les escaliers chaque jour. Lorsqu'il dormait, le poids de l'amnésie, de sa vue troublée, et sa jambe cassée semblait s'en aller. Son visage détendu émanait un sentiment de bien être. Peut être qu'en dormant, il se sentait mieux, loin de tous ses événements. Ryuga le contempla un long moment comme cela, se posant des questions, identifiant chaque parcelle de son corps visible. Il se trouvait en quelque sorte attiré par ce corps fragilisait. Puis il se réveilla et il dû le surveiller pour la mâtiné, seul.

    -Tu vois toujours mal ? Un hochement de tête lui répondit comme un « oui ».

    -Tu te souviens de ton collège ? Bryhat m'a donné une feuille avec les noms de ta classe. Tu veux les entendre ? Tu ne pourrais pas les voir comme il faut...

    Cette fois il haussa les épaules, les yeux tournés vers son interlocuteur, cherchant tant bien que mal de distinguer les traits exacts du visage face à lui, seulement, rien n'y fait, il n'y parvenait pas.

    -Alors... Hum... Il en a coché, et il m'a dit que tu parlais surtout d'eux. Heu... y'a... Ma...Madoka Hayano. Sora Akatsuki, Hikaru Azana, un Tetsuya Watarigani, que t'aimais pas apparemment, les jumeaux Sodo. Le reste ce n'est pas de ta classe j'crois. Y'a un Gingka Hagane, un Reiji Mitsutruc, et c'est tout. C'est des seconde je crois. Reiji me dis quelque chose...

    Damian ne semblait pas reconnaitre une seule personne, mais il lui laissa la feuille, en se les répétant chaque jour, peut être que des souvenirs reviendraient.

     

    Fanfiction 03: Un acte de trop


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